| J'ai 58 ans (18 à l'intérieur) je suis un Viking, sagittaire j'aime les voyages
Même avec ma condition modeste j'ai toujours voyagé . C'est ainsi que j'ai vu plusieurs merveilles du monde . Les monts météores en Grèce, le Grand Canyon en Amérique, la tour Effel en France, les Temples d'Ancor , et encore et encore.
Mais le train de Fiana - Manaka a laissé une image indélébile sur ma mémoire, j'aime à me rappeler la beauté des paysages, le sourire des gens, les parfums. C'est le train magique.
La vie à 20 à l'heure. Longue de seulement 163 km, la ligne de chemin de fer Fiananarantsoa côte Est qui relie depuis près de 70 ans la capital Betsileo à Manakara, dans le sud Est malgache, s'avère essentielle pour cette région particulièrement enclavée. Certains villages sont en effet à plus de 50 km de la piste la plus proche. Sur ces rails allemands du xix siècle dommages de guerre récupérés par la France à la fin de la Première Guerre mondiale, d'antiques wagons et de villes locomotives diesel transportaient l'an passé plus de 170.000 voyageurs et quelques 19.000 tonnes de bananes,de café, de riz et de girofle. Cinq liaisons hebdomadaires. Le tableau noir qui trône sur l'un des murs du hall de la gare de Fiana annonce un train pour Manakara tous les mardi, mercredi, jeudi, samedi et dimanche. Départ à 7 h. Le retour de Manakara s'effectue tous les lundi, mercredi, jeudi, vendredi et dimanche. Départ à 6h30. Un billet en première classe Fiana Manakara côute 5/6 Euros en première classe 3/4 en seconde. Soit l'équivalent de 7 à 9 kg de riz. Une rame type est constitée au maximum de six wagons : trois voitures de voyageurs, et deux fourgons réservés aux bagages des passagers et au wagon de marchandises. Deux rames peuvent être couplées - un train de marchandises et un tain de passagers, pour économiser du gasoil. La vitesse commerciale du train de la FCE est de 20km par heure. Sur certaines portions de voie, elle peut atteindre les 30kmh ( dans les années 80 on l'a poussé jusqu'à 70 km/h ) mais c'est du passé . La pente la plus forte est de 3.66% pour peu que le voyage se déroule sans imprévu, un train de voyageur met huit heures à effectuer l'intégralité du trajet, long de 163 kilomètre. Le plus log des 48 tunnels de la ligne FCE à une quarantaine de km de Fiana atteint 1072 mètre. Dans les ouvrages d'art les plus longs, les passagers se retrouvent alors plongés dans le noir le plus complet, les voitures n'étant pas équipèes de système d'éclérage. Les odeurs des bananes ou des sacs de café se mêlent alors aux lourds effluves de diesel, vite dissipés par les courants d'air au sortie des tunnel. La FCE emploie 350 salariés et journaliers. La ligne gérée par l'Etat malgache, emploie 350 agents, dont 200 à 220 permanents. Parmi eux une dizaine de conducteur, autant de contrôleurs et dix policiers spécialement affecté à la surveillance de la ligne. Un conducteur de train gagne entre 5 et 600.000 FMG soit l'équivalent de 41 à 51 euros par mois, tandis qu'un contôleur peut espérer un salaire de 600à 700.000 50à 58 Euros. La totalité des journaliers employés par la FCE ?en fonction de ses besoins, sont des riverains de la voie ferrée. Ces emploies augmentent de manière conséquente les revenues de plusieurs familles de paysans. Entre 6 et 10 litre e gasoil au kilomètre. La ligne FCE dispose de six voitures françaises Dietrich construites dans les années cinquante et de deux voitures suisses. La plus spacieuse mesure 18 mètre de long. Faute de trouver des pièces de rechange pour ces pièces de musée la FCE s 'adresse à des chantiers navals français pour les faire fabriquer sur mesure. Dix ans de construction et plus de 5000 morts. Entamée en 1926, la construction de la ligne s'est achevée dix ans plus tard, reliant ainsi la capitale du Betsileo à la ville côtière de Manakara. Les travaux de ses 67 ponts mais surtout le creusement de ses 48 tunnels on mobilisé les efforts de plusieurs dizaine de milliers d'hommes ; les effondrement et de nombreux autres accidents de chantier ont côté la vie à au moins 5000 ouvriers certains avancent même le chiffre de 10.000 mort- , ce qui explique en partie l'attachement féroce des riverains à leur train. Cette ligne s'avère d'autant plus vitale pour cette population qu'elle reste le seul lien avec l'extérieur pour près de 100.000 habitants de cette région ; la piste, impraticable durant la saison des pluies et accessible seulement aux 4x4 et au camions, s'éloigne à certains endroits à plus de 50 km de leurs villages. Devant les portières constamment béantes, à l'instar des larges fenêtres à guillotine restées grandes ouvertes pour rafraîchir l'air, s'agitent et crient de nombreux marchands, pour la plupart des femmes et des enfants certains sont âgés d'a peine plus de six ans ; une scène qui se répète à l'envie dans chacune des 16 gares jolonnant le parcours : chacun expose sur sa tête son assiette en émail écaillée chargée de crevettes ou d'écrevisses, son plat de kitozo, sa bassine remplie de tilapia frits, sa gamelle chargée de mofo ravina - un savoureux mèlange de farine de riz, de pistaches et de bananes écrasées soigneusement plié dans une feuille de bananier - ou sa cafetière de café coulé d'un noir d'encre. Pour quelques centime d'euro, sous le nez des voyageurs qui se penchent aux portières presqu'à en tomber ; d'autres marchands, brandissent à bout de bras des paniers en vacoas remplis de macuba - des fruits rouges à la plulpe blanche très prisés par les passagers assoiffés de bananess vertes ou noires, de fruits de l'arbre à pain ou de grappes de raisins soigneusement arrosées pour allécher le chaland. Et chacun d'arpenter la rame, d'un côté, puis de l'aitre, espérant ainsi épuiser son stock de marchandises, avant le prochain départ ; avant que le village replonge dans sa torpeur habituelle et que le train laisse rien d'autre dans son sillage que des peaux de bananes négligement balancées sur lavoie. Les rails ont cassé. Tout coccupé à téter le sein nu de sa jeune mère tandis que le train redémarre, un nourrisson s'endort, bercé par le roulis et le métronome affolé du claquement des roues sur les métalliques des rails. Parti - à l'heure à7 heures du matin le train de la FCE mettra quatre heures pour rallier la gare de Manampatra, situé à mi-parcours. Une halte de 25 minutes est prévue. Elle durera en réalité près de quatre heures ; la rumeur court vite le long des trois voitures " les rails on cassé " . En attendant la réparation, les voyageurs désertent le train à la recherche de l'ombre et d'un peu d'air, derrière les baraques en bois qui surplombent la voie ferrée. D'autres s'installent dans les hotely - de petits restaurants en planche en plein cœur des ruelles moyenâgeuses du marché de Manampatrana. De derrière la gare jaillit le cliquetis entêtant d'une vieille roue de vélo rouillée : devant elle s'attroupent une quinzaine de voyageurs. Ils passent le temps, faisant claquer leurs pièces de monnaie sur le comptoir de cette loterie aux 12 numéros presqu'éffacés par le temps. Les mises dépassent rarement les 500 fmg ( 4 centimes d'euros) . Au même moment, une dizaine de marmailles revenant de l'école, attirés par les quelques touristes du wagon de 1 é classe, réclament aux fenêtre un " bonbon " ou un stylo que quelques généreux vazaha s'empressent de distribuer avec - trop - de largesses. " C'est pas bon d'apprendre à mendier aux enfants " maugrée un vieux malgache, le regard courroucé dissimulé sous le feutre de son Borsalino. Après avoir épuisé l'intérêt des voyageurs désormais repu, les marchandes d'amuse-gueule une poignée de boula ( billets) en poche regagnent leurs villages en marchant parfois plusieurs kilomètres le long de la voie avant de s'enfoncer dans la forêt. L'orage qui se déclenche , particulièrement soudain et violent, refroidit vite les rails, ce qui permet à l'équipe de maintenance d'achever le remplacement du rail défectueux. Traize heures après avoir laissé derrière lui la gare de Fianarantsoa, le train traverse le tarmac de l'aérodrome de Manakara, à deux kilomètre de la gare ferrovière. " C'est le seul train au monde à couper la piste d'envol. En tout cas il ma coupé le soufle. |